
Mal de dos au bureau à Nantes : ce que votre posture révèle

Anthony Aiello
Ostéopathe · Nantes
Mal de dos au bureau : ce que votre posture peut révéler
Il est 15 h. Vous êtes assis depuis le matin, et le bas du dos commence à tirer. Au moment de vous lever, il faut quelques secondes pour retrouver une position confortable.
Si cela vous parle, vous n'êtes pas seul : à Nantes comme ailleurs, beaucoup de salariés travaillant sur écran décrivent ce type de gêne lombaire. C'est une source d'inquiétude, d'autant que l'on ne sait pas toujours d'où elle vient.
Ce que l'on sait, et ce que l'on ignore
On associe souvent le mal de dos à une « mauvaise posture ». La réalité est plus nuancée : les études ne désignent pas une position idéale unique. Ce qui semble compter davantage, c'est la durée passée sans changer de position, mais aussi la fatigue, le stress et le niveau d'activité physique en dehors du travail.
Je ne peux donc pas vous affirmer que votre chaise est la cause de votre douleur. En revanche, votre façon de vous installer donne des indices sur vos habitudes et sur les zones qui se tendent.
Ce que j'observe en consultation
Lors de l'examen, je prends le temps d'observer votre façon de vous tenir, de bouger et de respirer. Voici ce que je regarde le plus souvent chez les personnes qui travaillent assises :
- Le bassin : est-il plutôt basculé vers l'arrière, avec un dos qui s'arrondit au fil de la journée ?
- Les hanches : leur mobilité semble-t-elle limitée après de longues heures en position fléchie ?
- Le haut du dos et les épaules : s'enroulent-ils vers l'avant devant l'écran ?
- La nuque : la tête avance-t-elle vers l'écran ?
- La respiration : le thorax se mobilise-t-il librement ?
Le corps n'est pas fait pour rester figé : c'est souvent le manque de variété dans les mouvements, plus que la position elle-même, qui peut laisser les tensions s'installer.
Cette observation n'établit aucun diagnostic. Elle m'aide à comprendre comment vous vous organisez au quotidien et à repérer les zones où les tensions s'accumulent.
Des gestes simples à essayer dès aujourd'hui
Voici de quoi essayer sans matériel, directement à votre poste. Ces gestes sont des repères de bien-être général, pas un protocole de soin.
Exercice : la bascule du bassin (2 minutes)
- Asseyez-vous au bord de la chaise, pieds à plat, mains posées sur les cuisses.
- Inspirez pendant 3 secondes en creusant doucement le bas du dos, poitrine ouverte.
- Expirez pendant 3 secondes en arrondissant doucement le dos, le nombril vers la colonne.
- Répétez 10 fois, lentement, dans une amplitude confortable.
Arrêtez si une douleur apparaît ou s'accentue. Certaines personnes trouvent que ce mouvement aide à « réveiller » le bas du dos entre deux réunions.
Le rythme : bouger souvent plutôt que s'asseoir parfaitement
- Toutes les 30 à 45 minutes, levez-vous 1 à 2 minutes : un verre d'eau, un appel debout, quelques pas.
- Variez les positions : alternez assis et debout si votre poste le permet.
- Marchez à la pause déjeuner : les bords de l'Erdre ou de la Loire s'y prêtent bien, même pour 10 minutes.
Quelques repères d'installation
- Pieds à plat au sol, genoux à peu près à hauteur des hanches.
- Haut de l'écran proche de la hauteur des yeux.
- Avant-bras soutenus, épaules relâchées.
- Dos appuyé sur le dossier, sans chercher à se tenir droit à tout prix.
Je croise parfois des personnes qui se corrigent en permanence, ce qui crée une nouvelle fatigue. Le but n'est pas la rigidité, mais de pouvoir bouger facilement.
Quand consulter ?
Vous pouvez envisager une consultation si :
- la gêne dans le bas du dos revient chaque semaine ou dure depuis plusieurs semaines ;
- vous vous sentez raide dès le matin ou après chaque journée de bureau ;
- vous évitez certaines activités par crainte de la douleur ;
- vous avez l'impression que les tensions remontent vers la nuque ou les épaules.
À mon cabinet, nous commençons par un échange sur votre poste, votre rythme de travail et votre histoire. J'examine ensuite votre mobilité et votre posture, puis, si cela est adapté, j'utilise des techniques manuelles douces qui peuvent contribuer à relâcher les tensions et à retrouver du confort dans le mouvement. Les effets varient d'une personne à l'autre.
Consultez rapidement un médecin en cas de douleur après un choc, de fièvre, de douleur qui descend dans la jambe, de fourmillements, de perte de force, de troubles urinaires ou de douleur qui réveille la nuit. L'ostéopathie ne remplace pas un avis médical.
Si vous vous reconnaissez dans cet article, je serais heureux de vous recevoir et de prendre le temps de vous écouter.


